Saint Valentin : la drague 2.0 est-elle cute ?

Demain, c’est déjà de nouveau la Saint Valentin. Pour certains, c’est un jour de liesse et de tendresse ; pour d’autres, c’est la déprime devant Amazon Prime Video, ou l’occasion de faire la fête en compagnie de ses potes célibataires.

En tous cas, côté Digital Naïves, il s’agit d’un jour qui s’accompagne de réflexions, notamment sur la manière dont le numérique, et le web en particulier, a changé nos manières de flirter. Mais finalement, est-ce que c’est choupi, cette drague 2.0 ?

On vous présente cette réflexion, somme toute très philosophique, comme on aurait présenté une dissert’ en terminale : thèse, antithèse, synthèse. Désolées si on est un peu rouillées : le lycée est bien loin pour nous autres Millennials…

Oui, la drague 2.0 est so cute

D’un côté, il y a quelques arguments qui tendent à faire croire qu’au fond, on trouve ça très mimi, cette drague digitale.

Le dilemme du premier DM

Il/elle vous suit depuis quelques temps sur Instagram. Ou alors il/elle vous a ajouté.e à Facebook, même si vous n’y postez plus rien depuis un bail maintenant.

Après avoir enfilé un sourire en bandoulière en acceptant l’invitation, ou en “follow back”, vous vous rendez compte qu’il va falloir engager la conversation. Mais que faut-il donc écrire ? Paraître chill, ou y aller franco ? D’ailleurs, devez-vous envoyer le premier message privé ?

Avec des papillons dans le ventre, vous scrutez un peu plus souvent votre portable, guettant un petit signe de sa part. Et franchement, ce moment, c’est tout de même assez attendrissant, non ?

Les likes et les commentaires font grimper la dopamine

À chaque publication que vous faites, vous avez droit à un like. Et alors, quand l’élu.e de votre coeur commente, bonjour le coeur qui bat la chamade !

On sait déjà que les réseaux sociaux ont une influence sur notre libération de dopamine, l’hormone à l’origine du système de récompense de notre cerveau. Mais alors, quand il s’agit de votre crush, tout s’emballe, et les métriques grimpent ! Et puis vous savez quand on en produit aussi beaucoup, de la dopamine ? Mais si, vous voyez ce qu’on veut dire, n’est-ce pas ?

L’amour en streaming

Pendant notre adolescence, on utilisait la musique pour tenter de se rapprocher de celui ou celle dont on avait le béguin. “Tu veux écouter la musique avec moi ?”, proposait-on en tendant le deuxième écouteur de notre iPod.

Aujourd’hui, en quelques clics, vous envoyez une chanson suggestive à votre crush via Spotify ou YouTube. Vous pouvez même partir sur une playlist personnalisée (ou, si vous avez vraiment la classe, la playlist des Digital Naïves).

Et côté ciné, on évite désormais de dépenser tout son argent de poche dans une salle noire, et on tire parti du compte Netflix qu’on partage avec son meilleur pote, en choisissant exactement le bon film, pour la bonne soirée en amoureux. Si on n’en est pas encore à ce stade, rien n’empêche de recommander une bonne série à l’élu.e de son coeur. Bien sûr, on évite de parler de la série You, tout de même.

Bref, on tire parti du digital pour se rapprocher et tenter une déclaration déguisée, sous couvert de culture… et c’est quand même sacrément mignon.

Les signatures automatiques de mail qui font marrer

Ça arrive rarement, parce qu’au fond, qui communique par email avec son flirt ? Mais si vous vous êtes déjà retrouvé dans ce cas de figure, vous savez combien le “Cordialement” automatisé dans la signature, qui vient après le “Gros bisous, à ce soir” spontané, peut être tordant.

Et vous savez ce qu’on dit : femme qui rit…

Non, le flirt version web n’est pas choupi

Avouons-le cependant : parfois, la drague 2.0 est tout sauf attendrissante. Voire même gênante, ou outrageante.

LinkedIn n’est pas une app de rencontre

Quiconque utilise LinkedIn n’a pas pu échapper aux approches très lourdes de certains utilisateurs. Et ce, quel que soit le sérieux de votre profil (que vous avez bien sûr totalement optimisé grâce au guide des Digital Naïves, hein ?).

  • Côté femme, les InMails gênants qui proposent de boire un café avec des smileys 😉 doivent cesser. Ça ne fonctionne pas, sincèrement.
  • Côté homme, on peut parler des profils de recruteuses qui mettent en avant leurs atouts féminins… voire utilisent des photos de profil bidon, pour attirer l’attention. Oui oui, ça existe même sur LinkedIn, ce genre de fake.

Eh oui, il n’y a pas de genre-type aux lourds de LinkedIn.

D’ailleurs, Instagram, Facebook ou Twitter non plus !

Le terme “réseau social” a tendance à être quelque peu détourné de son sens premier par certains utilisateurs. Oui, sur Facebook et compagnie, on aime être sociaux. Mais ne confondons pas “social” et “intime”.

Il n’existe aucun contexte où le fait d’envoyer 15 messages par jour, totalement sortis de leur contexte, à un.e sombre inconnu.e est chou. Ni aucun élément mignon dans le fait de stalker en permanence (on vous voit, regarder nos stories sans vous abonner !). Et si on faisait plutôt connaissance, tranquillement… en toute “sociabilité” ?

Les dickpics, ou le fléau du romantisme 2.0

Vous étiez en pleine conversation nocturne avec ce gentil garçon, avec lequel vous parlez depuis plusieurs jours sur WhatsApp, après avoir un peu papoté sur Tinder. Il est vraiment marrant, il vous fait un peu vibrer. Tiens, une photo ! Qu’est-ce que ?

… On ne vous fait pas de dessin.

Recevoir une dickpic intempestive et non-demandée, c’est un peu comme croquer dans un grain de poivre en mangeant une choucroute : inattendu, avec un goût amer.

Ceci dit, on attend désormais le jour où les “foufpics” apparaîtront sur le marché, pour enfin équilibrer les règles du jeu.

Le ghosting, ou la rupture numérique

Sortez les violons : votre crush vous a lâché un “Vu” ou un “Lu à 14:37”. Ça irrite, ça pique, ça frustre et ça fait cogiter. Qu’avez-vous mérité pour être ghosté de la sorte ? Votre dernier message était-il trop ceci, pas assez cela ?

Allez, lâchez donc votre portable quelques minutes, et mettez-vous pour la 8ème fois devant Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Vous le/la trouverez un jour, votre Joël ou votre Clémentine.

En somme… rien de nouveau sous le soleil ?

Au fond, comme tout canal de communication, le web peut être utilisé de manière adorable comme d’une façon ignoble. Ce qui pose la question : qu’est-ce qui différencie la drague 2.0 bien menée, d’un flirt qui tend vers l’indécent (voire le harcèlement) ?

Pour vous la faire version Instagram : qu’est-ce qui rend un message digne de @amours_solitaires plutôt que d’@exrelou ? Vaste question, à laquelle on pense avoir trouvé une réponse (partielle).

En ce 14 février, avant de vous lancer dans une déclaration d’amour digitale enflammée, vérifiez que vous respectez la sacro-sainte triade de la drague (2.0 ou tout court) :

  • Le bon contexte. Finis les InMails ambigus, ou les emails envoyés à Nadia de la compta (mariée, deux enfants) avec des emojis qui clignent de l’oeil à vous en provoquer une crise d’épilepsie.
  • Le bon moment. Exit le ghosting juste après un premier rendez-vous. Ça ne l’a pas fait pour vous ? On l’assume, et on souhaite bonne route à l’autre.
  • Le consentement. Halte aux innombrables messages sur 3 réseaux sociaux différents en même temps, et aux dickpics envoyées sans consentement.

Le tips de la fin : Si vous n’êtes pas doué pour détecter si votre crush est consentant.e ou non, posez donc la question à votre meilleur.e pote. Si c’est un.e vrai.e ami.e, il saura vous dire que la dickpic n’est vraiment pas nécessaire !

Allez, pour cette Saint Valentin, on vous souhaite quand même tout plein d’amour digital ! Si ce n’est pas déjà fait, venez nous en envoyer à nous, en nous suivant sur Instagram. Faites grimper nos taux de dopamine !

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