Comment manager les jeunes des générations Y et Z ?

Il y a quelques années de ça, lors d’une réunion hebdomadaire, la manager de Léo de l’époque lui a sorti une phrase qui continue à résonner dans sa tête à ce jour :

“Léo, tu es quand même difficilement manageable”.

Pourtant, longtemps encore après, et malgré le côté un peu “what the hell” de cette sortie, cette femme reste à ses yeux la meilleure manager qu’elle ait jamais eu l’occasion d’avoir. Et les projets menés auprès d’elle ont été majoritairement couronnés de succès.

Quelle est la recette d’un management des générations Y et Z ? De celles qu’on dit inaccessibles, impossibles à maîtriser ? Plongée dans la tête d’un jeune en entreprise aujourd’hui, et des façons de l’impliquer dans son boulot au quotidien.

La recette du management des générations y et zDonner du sens aux missions demandées

Si un jeune rentre aujourd’hui dans une entreprise, c’est parce qu’il y a vu deux éléments essentiels pour lui :

  • Son intérêt pour la boîte, le produit ou le service qu’il propose, ses valeurs et ses ambitions
  • Son intérêt à lui, en termes de développement personnel et d’apprentissages

En tant que manager un peu désorienté par ces jeunes “chelou”, on vous parle souvent de “donner du sens” ? Bien joué : c’est la clé du succès pour manager un génération Y ou Z.

Donner du sens aux missions qu’on demande à ces jeunes, c’est avant tout les remettre dans le contexte global de l’entreprise, mais aussi dans le contexte de son boulot à lui, au quotidien.

Un jeune collaborateur qui ne voit aucun intérêt à suivre un process prédéfini qui ne fonctionne plus, ou à lancer une campagne en laquelle il ne croit pas, ne sera par définition pas motivé. Résultat : patatras, un process complètement mis à sac, ou une campagne qui prend du retard.

Prenez le temps, à chaque nouvelle mission proposée, de communiquer sur ses objectifs et l’intérêt qu’il peut y trouver personnellement.
Peut-être le process est-il un peu rouillé, mais il structure ses idées foisonnantes, et lui inculque des réflexes intéressants.
Et cette fameuse campagne, elle promet d’être fructueuse en termes de chiffre d’affaires additionnel…

Lancer des challenges stimulants

Certes, le millenial ou le “génération Z” intègre une entreprise avec une fiche de poste bien déterminée. Il a conscience qu’il devra remplir certaines missions, au quotidien, et suivre un cadre défini.

On ne vient pas non plus bille en tête, à se dire qu’on va casser les silos et autres barrières étanches (et étranges) entre les différents postes !

Mais, biberonnés à des stages dans des start-up où le commercial fait également office de SAV de temps à autres, on a appris sur le tas qu’il fallait être flexible et pluridisciplinaire… ou n’être pas.

Ainsi, rien de plus ronflant pour nous qu’une mission où on se sent engoncé dans une routine immuable, où chaque jour se ressemble, et où rien ne vient nous faire dire “Tiens, j’ai quelque chose de nouveau à apprendre !”

Nourrissez donc régulièrement votre cher génération Y ou Z de petits défis, qui lui font se creuser la cervelle. Jouez sur les compétences qu’il a naturellement, qui font appel à son esprit de digital native, et valorisent les compétences transverses qu’il peut avoir.

Surtout si on parle de management en marketing, vous y gagnerez doublement : un jeune motivé + un projet innovant, qui vient dynamiser votre stratégie !

Valoriser les idées éclectiques

En marketing, on les adore, ces idées “out of the box”, n’est-ce pas ? (Ca fait d’ailleurs partie de ces expressions bizarres qu’on entend dans toutes les réunions marketing.)

Seulement, rares sont les entreprises qui les mettent vraiment en valeur. Parce que ça bouscule certains process et principes bien pratiques au quotidien. Parce que ça n’a bien souvent pas d’impact sur le business. Parce que ça prend du temps, de débroussailler le “fou” du “bon”.

Mais pour le millenial, ou celui ou celle de la génération Z, ces idées ont un impact considérable sur la motivation et l’envie d’aller plus loin.

En tant que très jeunes collaborateurs, on sait bien que les méthodes et les prérequis sont nécessaires. Seulement, bercés aux doux contes qui nous racontent comment un géant business peut naître du fond d’un garage à l’université, ou d’une idée dingue poussée à bout, on aime les success stories un peu folles.

Pour manager votre jeune, n’hésitez donc pas à ménager des moments où les idées fusent, ont libre cours. Pourquoi pas envisager des petits dej’ informels, où chacun peut présenter un concept innovant (à mettre en application ou non après) ? Ou une journée par mois où la créativité est mise à l’honneur ?

Laissez autant que possible votre jeune expérimenter, sans le frustrer dans son élan de folie. Qui sait, peut-être le prochain levier de croissance de votre boîte se trouve-t-il dans la boîte crânienne de votre jeune recrue ?

Valorisez les idées innovantes des générations y et zFavoriser l’esprit d’équipe

Trop souvent fourrés derrière nos écrans, et donc totalement coupés des autres ? Eh non ! S’il y a bien des générations ultra-sociables, c’est bien nous !

Le matin, pour se lever, on pense à nos collègues qui nous font marrer. Aux galères qu’on va vivre ensemble, les coudes serrés et la tête haute. Aux déjeuners passés tous ensemble à refaire le monde (ou l’entreprise, c’est déjà pas mal).

La notion d’équipe et de collaboratif motive les générations Y et Z. On y voit à la fois :

  • Le moyen d’associer des forces parfois contraires pour créer quelque chose de plus grand que nous 🚀
  • Le moment de progresser sur des compétences que l’on a pas forcément, et qu’on ne peut développer qu’au contact d’autres collaborateurs 💪
  • L’opportunité de se payer une bonne tranche de rire, quand on s’entend bien 😉

Donnez-nous les moyens de créer de vraies teams, pleines d’entraide et de partage. Et par la même occasion, participez-y aussi : on n’est pas du tout fermés à nos aînés !

Prendre une place de mentor plutôt que d’exemple

La notion de manager a énormément muté entre les générations X et les suivantes.

Si, auparavant, on aimait (apparemment) apprendre les techniques qui fonctionnent pour monter les échelons auprès de son manager, aujourd’hui, les jeunes aiment être inspirés.

Le marché instable dans lequel nous avons lancé notre carrière nous a appris à nous nourrir de l’exemple des autres, sans pour autant le suivre à la lettre.

Le manager que l’on respecte fondamentalement, qui nous fait rêver, est celui qui prend la place de mentor plutôt que d’exemple.

  • Il nous explique ses choix de manière logique, pour nous faire comprendre pourquoi les choses vont dans ce sens et pas dans un autre.
  • Il est passionné, et aime transmettre ses astuces et tactiques pour être plus efficace, plus productif, plus épanoui au boulot.
  • Il porte nos ambitions et nos envies, tout en gardant la main-mise sur son rôle de décideur final.

Le manager-mentor qui motive les générations Y et Z est un reflet de ce que nous pourrions être plus tard, mais laisse la porte ouverte à l’innovation, au nouveau, à l’évolution… pour nous donner envie d’être nous-mêmes de véritables mentors.

Comprendre le concept de carrière dans l’esprit des générations Y et Z

Cassons immédiatement un cliché très commun : le millenial, comme le jeune de la génération Z, n’est pas dénué d’ambition.

On le voit souvent dans les médias, ce portrait un peu aigre du nouvel arrivant dans l’entreprise : flemmard, impatient, et surtout anti-carriériste.

Non : votre jeune collègue n’a pas rayé le terme de “carrière” de son vocabulaire. Il envisage seulement sa carrière comme un concept bien différent de la vôtre.

Alimenté par les désillusions d’un marché de plus en plus complexe, il sait qu’il passera par de nombreuses entreprises, voire de nombreux jobs, dans sa vie. Il assume d’avoir des envies mouvantes, des besoins changeants, des rêves tangents.

Il vit une carrière, mais bien plus au jour le jour, dans un monde en mouvement permanent. Qui peut lui en vouloir ? Il n’a désormais pour exemple de progressions professionnelles stables que celles de personnes âgées de plus de 45 ans.

Parlez carrière à votre jeune difficilement manageable : vous découvrirez un esprit curieux de ce qui lui arrivera dans quelques années… même si un peu troublé par la difficulté à se projeter.

Embrasser les gaps générationnels

Chez les Digital Naïves, on est persuadés que le gap générationnel entre les générations précédentes et les Y ou Z sont le terreau fertile de l’avenir.

On admire au quotidien vos expressions du temps passé, vos réflexes et idées conçus il y a parfois longtemps, votre capacité à suivre une indication même obsolète… Ca ne se voit peut-être pas au quotidien, et on s’en excuse.

Mais nous vous aimons, les générations X. Nous écoutons vos conseils, nous nous alimentons de votre vision de l’entreprise, nous nous sentons recadrés par vos process.

Et si on tirait parti de cette diversité d’opinions entre nous ? Qu’on en faisait un terrain d’échange, non pas à armes égales (parce que vous êtes nos managers, après tout), mais à armes également estimées, reconnues ?

Après tout, on risque de bosser ensemble pendant quelques temps encore ! Et si on en faisait une force, et non un fossé infranchissable ? 😊

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  • Bien pensé , les digital naïves ! Et croyez bien que nous sommes nombreux de la génération X à aimer (aussi) et respecter la valeur et les valeurs des générations Y et Z! 👏

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